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Hôtel Porquin - Palais de Bavière - Maison de la Miséricorde

Extrait de "Art Wallon - Croquis et documents d'architecture "

Palais Porquin - Restitution Maison Porquin
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La villa qu'avait construite à la fin du XVIe siècle le Lombard Bernardin Porcini fut acquise en 1584 par le prince-évêque Ernest de Bavière qui la donna â la confrérie de la Miséricorde. En 1589, l'immeuble s'accrut du jardin des Vieux-Arbalétriers, où bientôt s'élevèrent de nouvelles constructions.

Ainsi naquit le principal hôpital de Liège auquel est resté attaché le nom d'Hôpital de Bavière

L'ensemble, d'aspect robuste et sobre, avait grande allure avec ses croisées à meneaux, ses multiples et pittoresques toitures supportées par de surprenantes charpentes et ornées des traditionnels épis de plomb dont certains étaient finement ouvrés.

Epis de Plomb de toiture Porquin à Liège Epis de Plomb de toiture à Liège

La villa primitive était surtout remarquable. Construites en calcaire de Meuse, ses façades avaient acquis au cours des siècles des tons gris clairs et blancs formant un damier chatoyant. On l'avait surnommée « la Maison de Marbre; et c'était justice.

Malgré son passe, malgré sa beauté, ce vénérable monument historique, où la Renaissance italienne s'alliait si heureusement à la bonhomie wallonne, fut, on s'en souvient, démoli en 1904 pour permettre l'aménagement de la place Ernest de Bavière.

Palais Porquin - Façade 1

Palais Porquin - Façade 2

Palais Porquin - Façade 3

Palais Porquin - Façade 4


Excursions archéologiques du 26 novembre 1931

La chapelle de l'hôpital de Bavière.

Un riche banquier lombard, Bernardin Porquin, qui fut anobli par Charles-Quint le 4 mai 1553, vint s'installer à Liège, vers le milieu du XVIe siècle et habita en Souverain-Pont, de 1551 à 1570. Il fit bientôt construire dans un endroit agréable situé entre le Barbou et un bras de l'Ourthe, à proximité du biez de Saucy, en Outremeuse, une superbe maison en pierre avec vastes jardins et avant-cour vers le pont Saint-Nicolas, qui ne tarda pas à porter son nom et qui, après sa mort, survenue le 20 juillet 1579, fut vendue par ses cinq filles, au prince-évêque de Liège, Ernest de Bavière, pour une somme de 24.000 florins de Brabant plus une rente annuelle de 10 à 12 florins.

Cet immeuble s'agrandit en 1589 d'un domaine contigu comprenant maison et jardin que leurs propriétaires, les Vieux Arbalétriers, vendirent au Prince pour 3600 florins de Brabant. Dès que l'Elu et sa cour s'y installèrent, il reçut le titre de palais de Bavière, qui devint hôpital de Bavière le 16 septembre 1603, quand donation en fut faite par le généreux Prélat, chez le chanoine Didden, doyen de la collégiale Saint-Pierre, à l'association charitable de la Confrérie de miséricorde chrétienne, qu'il avait reconnue officiellement le 15 mars 1602.

Sa vie durant, le bon doyen dota de fortes rentes cet hospice et la chapelle attenante, que le Prince avait fait construire et qu'il consacra sous le vocable de la Mère de Dieu, le 1er mai 1606. Après sa mort, il légua à cette institution, toute sa fortune, qui était considérable.

L'ancienne maison Porquin, à laquelle avait été adjoint un corps de bâtiment de même style, était un type remarquable de l'architecture nationale de la seconde moitié du XVIe siècle. Elle fut malheureusement démolie en 1904 malgré toutes les influences qui furent mises en oeuvre.

La chapelle avait subi le même sort quelques années avant. Elle fut reconstruite en 1895 en même temps que l'hôpital de Bavière. C'est un beau sanctuaire, pour un hôpital. Les fenêtres sont ornées de cartouches présentant les blasons des familles Porquin et de Surlet. Le maître-autel a le défaut de tous les autels des XVIIe et XVIIIe siècles: il est trop envahissant. Il renferme un tableau de Fisen, qui est accompagné d'un chronogramme donnant la date 1618.

Le quartier de la Soeur Supérieure de l'hôpital se trouve à proximité de la chapelle. Il offre un haut lambris en faïence de Delft, qui entoure toute la salle. Il est garni de meubles hollandais, d'un tableau du peintre liégeois Aubée et de statues de saint Joseph et saint Antoine. Ses fenêtres sont rehaussées des armoiries du baron de Surlet et d'inscriptions.

Le parloir possède une jolie horloge en style Louis XIV et des tableaux élégamment encadrés représentant les évangélistes.

Dans le bureau de l'économe, on remarque un haut-relief figurant le Couronnement de Jésus, qui fut exécuté par Ruxthiel quand il était berger à Lierneux, un bas-relief d'un art populaire très curieux donnant un épisode de la vie de saint Hubert, un bon portrait du prince Hoensbroeck et un intéressant triptyque.


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Ernest de Bavière avait, à Liège, une autre résidence qu'il affectionnait, c'était sa maison d'Outre-Meuse, située dans une île près du pont Saint-Nicolas, et qu'il avait achetée aux héritiers de Bernardin Porquin, personnage italien qui avait fait ériger cette belle maison au milieu du XVIe siècle. On attribuait la construction de cette demeure à Lambert Lombard, et, si le fait était établi, il faudrait admettre que le peintre et architecte liégeois en avait construit plusieurs de même style, notamment rue Grande-Bêche, une grande maison ayant servi de magasin et de foyer au théâtre du Pavillon de Flore, une autre demeure auprès de la chapelle du Paradis, démolie et que la tradition voulait être la propre maison de Lombard; une autre maison encore dans une cour, entre la place Saint-Michel et la rue de Rome. Toutes ces demeures sont d'une architecture italienne remarquable, comme l'était la maison de Porquin. C'est dans cette maison qu'Ernest recevait ses invités, qu'il avait ses collections scientifiques et, plus d'une fois, il y réunit les Etats du Pays.

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E. POLAIN, La vie à Liège sous Ernest de Bavière


LOMBARD REPENTANT

Dans le numéro de Leodium septembre-octobre 1921, M. Léon Lahaye a publié une notice complémentaire à celle que j'avais écrite en juin précédent sur les religieux dits Sacs, de Liège. Quoique persuadé que ces religieux ont disparu de notre ville à la fin du XIIIe siècle, M. Lahaye a rapporté à ce sujet la fondation faite, en la seconde moitié du XVIe, par le Lombard Bernardin Porquin, à l'emplacement de ce couvent, d'un hôpital pour pestiférés. De mon côté, dès 1892, j'avais exposé les détails de cette fondation dans les Rues de Liège, non sous la rubrique Sacs, puisque l'établissement de ces religieux était supprimé plusieurs siècles avant l'apparition de l'hôpital Porquin, mais à propos de la rue Saint­Léonard, à l'entrée de laquelle il se dressait.

A la lecture de la notice de M. Lahaye, maintes personnes auront désiré connaître les causes déterminantes de cette libéralité par un usurier de profession et de la mise en relation de cet usurier avec l'Eglise liégeoise. Celle-ci avait, en effet, pour règle de s'éloigner des prêteurs à taux usuraires, sous quelque nom qu'ils se montrassent. Or, c'était bien le cas pour Bernardin Porquin. Etabli comme trafiquant lombard en la première moitié du XVIe siècle rue Souverain-Pont, il acquit en quelques lustres une fortune des plus opulente par ses lucratives opérations de prêt. Bientôt, il se fit bâtir un véritable palais Outre-Meuse, près l'ancien pont Saint-Nicolas, palais qu’Ernest de Bavière fut très flatté d'acquérir ultérieurement et qu'il donna finalement pour siège de l'hôpital appelé de Bavière, à raison du nom du donateur. Il n'a été renversé qu'en 1904.

M. Lahaye écrit que Bernardin Porquin avait depuis longtemps l'intention de faire une fondation en faveur des malheureux» pestiférés. A la vérité, il s'y est appliqué d'abord forcé et contraint. Porquin avait tenu à mettre sa conscience en règle avec les lois de l'Eglise. Des usuriers qui témoignaient du remords, celle-ci exigeait, avant la réconciliation, sinon une restitution complète des richesses acquises dans cette vie d'un mercantilisme malsain, au moins une somme considérable fixée â dire d'experts et destinée le plus souvent à quelque oeuvre hospitalière ou charitable. Ainsi se conduisit-elle envers le Lombard Bernardin Porquin. Celui-ci, déjà sous le pontificat de Jules III, s'était adressé à la sacrée Pénitencerie romaine, pour avoir la rémission de ses fautes comme usurier. Il finit par obtenir le pardon, mais il lui fut posé la condition qu'il disposerait de l'argent provenu du commerce illicite en faveur d'oeuvres pies, à la libre volonté de l'évêque de Liège. Cet argent fut consigné en une somme de 5000 flor. de Brabant, somme qui était très importante si l'on se reporte à la valeur de l'argent au XVIe siècle. Qu'on sache qu'une quarantaine d'années auparavant le chapitre collégial de Huy avait pu offrir au cardinal Erard de La Marck un somptueux dîner qui n'avait coûté que 86 aidans de Liège. C'est cette donation de 5000 fl. de Brabant qui fut affectée principalement à l'institution de l'hospice susdit en 1571 (1). Bernardin Porquin ajouta ultérieurement d'autres sommes notables pour parfaire sa fondation. Il mourut le 2 juillet 1579 (2). Il est l'un des rares usuriers italiens dont le repentir soit mentionné dans nos annales.

Théod. GOBERT


(1) Acte épiscopal donné an château de Huy, le 16 Juin 1571. Fonds Ghysels, n° 576.

(2) Obituaire des Récollets..


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Il se fit qu'en l'an 1571, au mois de mai, un lombard repentant (25 bis), Bernardino Porquini dit Bernardin Porckin ou Porquin, comparut devant le maire et les échevins de Liège comme devant la haute cour et justice en compagnie de sire Baltasar Dangist, curé de l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste et des quatre proviseurs et gouverneurs jurés de Saint-Jean-Baptiste, Stas de Froidmont, Léonar Mottet, Nicolas Blangi et Giele Gielewar.

L'intention de Bernardin Porquin était de fonder une maison de Dieu et hôpital avec le consentement du prince-évêque Gérard de Groesbeek.

En cette occasion les curé et maîtres furent mandatés par les tenants et par les paroissiens héritiers de la paroisse Saint-Jean-Baptiste pour transporter au profit de la fondation envisagée une maison, chapelle, jardin, appendices et appartenances, dont le bien dit le bayar (26) et chapelle Saint-Disier, appartenait à l'hôpital (27), avec les droits y attachés sous condition d'en accepter les charges et les servitudes.

Bernardin Porquin consentit à payer annuellement à perpétuité à l'hôpital Saint-Abraham (28) 6 florins Brabant de cens. Quelle était la raison qui animait le fondateur? Deux serviteurs de l'établissement hospitalier, Jean Nicolay et Jean Boiseboix, confirmèrent en la cuisine — où se tenaient habituellement les affaires de la paroisse — que Bernardin Porquin, bourgeois de Liège, fut touché de compassion de voir qu'en temps de peste plusieurs pauvres étaient abandonnés à leur sort, délaissés d'un chacun et fort mal administrés. Le fondateur voulait donc créer au bayard en période d'épidémie un lieu où recevoir les pestiférés.

L'hôpital aurait le droit perpétuel de sépulture pour ensevelir (29) dorénavant à cet endroit ses propres morts. Ainsi ce lieu pieux nouvellement fondé, entretenu par l'hôpital, donnait refuge aux personnes atteintes de la peste; elles y seraient soignées et administrées, y compris celles de la cité. Les malades venant de l'hôpital Saint-Abraham n'auraient pas plus de privilèges que les autres. Le seigneur Bernardin Porquin édicterait des règles et des ordonnances à respecter pour la fondation envisagée.

Pour administrer les biens, revenus et émoluments de celle-ci un paroissien héritier de Saint-Jean-Baptiste, de bonne réputation, désigné ainsi que d'autres par Porquin seraient investis du titre de gouverneurs-administrateurs.

Pour dégager l'hôpital Sain Ahraham des charges inhérentes à cette fondation. Bernardin Porquin assumerait le devoir de faire célébrer chaque semaine de l'an deux messes en la chapelle Saint-Désir, tâche qui incombait jusqu'à ce jour à l'hôpital.

Cet acte fut authentifié par le mayeur et les échevins de Liège, en présence de cinq témoins: Collar Huwar, Johan Goesuin, Piron Gendarme, Gielet de Herstaul et Gielet de Loos, le 18 mai 1571 (30).

Cette fondation nous indique en fait la crainte que manifestait la population de voir des malades, atteints de maladie infectieuse, à proximité de la ville et soignés parmi d'autres malades non contaminés.

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Robert HANKART, L'ancien hôpital Saint-Abraham à Liège


(25 bis) Th. GOBERT, Lombard repentant, Leodium, p. 119.

(26) w : baya : rowe des bayas, rue des bayards (DL).

(27) Saint-Désir. Le tout situé près et hors la porte Saint-Léonard. Hôpital hors la porte Saint-Léonard dit « ale sasse ». A.E.L. Hôpital Saint-Abraham, reg. 2, f° 143 (doc. n" 574).

(28) Soulignons que dans le texte original l'hôpital est désigné à la fois sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Abraham.

(29) (—) pour endit lieu povoir a toujours mais enseccelier tous et quelconcques decedans et trespassans en ladite maison et hospitaul » (—). Le verbe enseccelier, m'écrit M. Jules Herbillon, fait songer à capsa, fr. caisse, par exemple en-caiss-eler « mettre en caisse (dans le cercueil) ».

(30) A.E.L. Hôpital Saint-Abraham, carton de chartes, original sur parchemin (n° 42). Id., reg. 2, f° 143, passé devant le notaire Castro en date du 18 avril 1571. Cf. Léon LAHAYE, Les paroisses..., op. cit., tome XLVI, pp. 194 et ss. Léon LAHAYE, Les sacs de Liège, Leodium, p. 94. Th. GOBERT, Les sacs de Liège, Leodium, 1921, p. 65 (A.E.L. Échevins de Liège: greffe Bernimolin, oeuvres).


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Mais le principal des hôpitaux liégeois fut créé, précisément, sous Ernest de Bavière. En l'an 1600, à l'initiative de Martin Didden, chanoine de Saint-Pierre, des ecclésiastiques et plusieurs personnes charitables s'étaient réunis afin de pourvoir au soulagement des pauvres malades et des vieilles gens incurables.

On avait d'abord commencé par distribuer, à domicile, du bouillon, du pain, des vivres aux pauvres infirmes, puis, l'oeuvre étant devenue plus forte, ayant rencontré de multiples encouragements dans une population très charitable naturellement, l'association prit le nom de Compagnie de Charité, loua une maison au faubourg Saint-Léonard et y admit les pauvres malades que soignaient des jeunes filles choisies avec soin.

L'oeuvre étendant son action, le local ne tarda pas à être insuffisant. Or, à ce moment, le chanoine Didden était le confesseur du prince Ernest. Il arriva que certain jour où Didden lui rendait visite, le Prince lui fit part des ennuis d'argent que lui causait sa belle demeure d'Outre-Meuse. Ernest, qui avait acquis cette maison bâtie par Bernardin Porquin, ne parvenait pas, grâce au gaspillage qui régnait à sa Cour, à payer les rentes constituées sur cette maison et les créanciers hypothécaires menaçaient de la faire deminer, c'est-à-dire saisir et vendre.

Didden lui proposa de payer, à la décharge du Prince, tout l'arriéré et les rentes, à condition qu'Ernest lui cédât, pour y bâtir un hôpital, un terrain auprès de la maison du Prince.

Celui-ci accepta et c'est dans le jardin de la maison de Porquin et sur le pré des Arbalétriers que l'on éleva les premiers bâtiments de ce qu'on appela tout d'abord la Maison de la Miséricorde.

Cette maison était telle que Gazet l'a célébrée sous le nom de le Grand Palais de la Miséricorde.

A la mort d'Ernest de Bavière, le testament de ce prince donna à la Maison de Miséricorde, l'ancienne demeure de Bernardin Porquin, comme, depuis son achat par Ernest sous le nom de Maison de Bavière, et le peuple conserva la mémoire du Prince et de sa charité en substituant à l'appellation Maison de Miséricorde, celle d'hôpital de Bavière ou Bavière, tout court (1).

A cette époque la maison avait un double but, soigner les malades et fournir un asile à des vieillards incurables et incapables de gagner leur vie. Au siècle suivant, ces incurables quittèrent la Maison pour un autre logis spécial. A la Maison de Miséricorde, seuls les habitants de la Cité étaient admis et soignés par des infirmières laïques; ce ne fut que plus tard qu'elles formèrent une congrégation spéciale.

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E. POLAIN, La vie à Liège sous Ernest de Bavière


CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS. — ANNALES PARLEMENTAIRES — Session du 23 Mars 1904

M. Carton de Wiart.

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Je viens de faire allusion à l'exposition de Liège. Il est fâcheux que la capitale de la Wallonie ne comprenne pas mieux que la plus belle exposition qu'une ville puisse offrir à ses visiteurs, c'est celle de ses monuments et de ses souvenirs historiques. Dans la note que le gouvernement a communiquée à la section centrale et relative à la restauration de nos monuments, le département prévoit des crédits pour la maison Porquin, de Liège. Je crois qu'au moment ou ce renseignement a été fourni à la section centrale, la démolition de ce vénérable édifice qui est très délabré, je le reconnais, mais qui offre un incontestable intérêt archéologique et historique, avait déjà été décidée par le conseil communal de Liège. On me dit qu'à l'heure actuelle les travaux de démolition sont mis en adjudication.

Ce vote ne fait pas honneur au conseil communal de Liège qui a d'ailleurs déjà à son actif plus d'une erreur de ce genre, — par exemple la démolition du Palais, jadis votée pour prolonger jusqu'au marché la place Saint-Pierre.

Certes, la maison Porquin n'était pas une merveille d'architecture. Ouverte à tous les vents, abandonnée aux vagabonds el aux « mauvais garçons », grâce à une longue incurie des édiles, elle ne laissait pas d'être lépreuse, branlante et un peu contrefaite. Elle n'en restait pas moins un rare exemplaire de la maison du patricien liégeois du XVIe siècle. La commission des monuments qui y avait vu un édifice reflétant un passé historique et intéressant à conserver, estimait qu'il y avait lieu de conserver, de réparer et d'ultiliser ce qui restait de la maison Porquin.

Les motifs de ce vote ne se justifient guère.

Le rapport de M. Micha, échevin des beaux-arts qui a proposé celle démolition au conseil communal, déclare qu'une somme de 50,000 francs serait nécessaire pour sa restauration et que l'Etat s'est engagé à faire le tiers de cette dépense. Mais il ajoute — argument vraiment admirable — que le collège n'a pas trouvé «l'utilisation de cet immeuble». A la vérité, il avait bien songé à en faire un commissariat de police... Mais il y avait des inconvénients : manque de place, emplacement au milieu d'un parc, peu accessible la nuit. « En présence de cette circonstance, conclut l'échevin, le collège vous propose de faire démolir la maison Porquin. »

La commune n'a pas insisté pour conserver le monument dès qu'elle a su que le commissaire de police n'en voulait pas pour y installer son bureau ! Et sans même s'arrêter à examiner si elle n'aurait pas pu faire du vieux monument un petit musée local, ou tout simplement se borner à l'entretenir comme on enlretient les vieillards, dans les pays civilisés, — fussent-ils impotents et infirmes, -- l'édilité liégeoise a volé pour la mort.

C'est très regrettable, d'autant que Liège, ville jadis pittoresque par excellence, toute pleine de vieux pignons, d'amusantes ruelles, qui évoquaient un passé également pittoresque, peu à peu, perd ce qui lui reste de sa personnalité. On veut faire un « Vieux-Liege » en staff et en carton-pierre pour l'Exposition. C'est fort bien, mais comme il vaudrait mieux ne pas condamner d'anciens édifices! Le gouvernement n'interviendra-t-il pas, comme le souhaitent beaucoup de Liégeois, pour garder à l'antique cité de saint Lambert un des rares débris de son beau passé?

! ! ! ! ! ! ! ! ! !

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